Tout savoir sur les huiles essentielles

De nos jours, impossible de passer à côté des huiles essentielles ! Le marché de ces dernières ne cesse de croître, fleurtant avec le succès. Ces essences sont composées de molécules aromatiques très puissantes, séduisant un grand nombre d’individus ainsi que de multiples industries (parfumerie, cosmétique, agroalimentaire,...). Par définition, les huiles essentielles sont des extraits liquides d’éléments végétaux (1). Mais êtesvous sûr de tout savoir sur les huiles essentielles ?

  Le saviez-vous ?

Le saviez-vous ? Si l’utilisation des huiles essentielles est courante de nos jours, elle ne l’était pas moins au moment de l’Antiquité. La découverte d’anciens papyrus révéla que les huiles essentielles faisaient partie de la vie courante des Égyptiens : parfumerie, soins, ... Ils en avaient même recours pour embaumer les corps, ce qui a permis une meilleure conservation à travers les siècles. Mais de nombreuses autres civilisations antiques en Chine, Moyen-Orient, Inde, Amérique,... les avaient également intégrées dans leurs habitudes quotidiennes. (2)

Comment sont-elles obtenues ?

Afin d’obtenir une huile essentielle, plusieurs méthodes d’extraction peuvent être pratiquées. La plus utilisée est la distillation car elle convient à une grande majorité de plantes. C’est également la plus ancienne des techniques. Il en existe trois variantes :

  • L’hydrodistillation : les plantes sont mises dès le départ avec l’eau que l’on fait bouillir.
  • La distillation par entraînement à la vapeur : méthode dans laquelle l’eau est chaufféeà part et c’est seulement la vapeur d’eau qui entre en contact avec les plantes.
  • L’hydrodiffusion qui revient à pulser de la vapeur d’eau sur la matière végétale, du haut vers le bas.

Dans les 3 situations, une vapeur d’eau contenant les huiles essentielles volatiles est générée. L’ensemble passe ensuite par un système de refroidissement où elle se liquéfie. Le liquide ainsi obtenu se sépare ensuite naturellement en huile essentielle et eau (3).

Une autre technique couramment employée, est l’extraction aux solvants organiques. Elle consiste à placer un solvant organique (l’éther de pétrole, le méthanol, l’éthanol ou l’hexane) avec les éléments végétaux et à chauffer. Les solvants vont donc extraire l’huile essentielle des plantes. On appelle le produit obtenu un «concret». L’alcool est par la suite évaporé pour qu’il ne reste que l’huile autrement nommée «absolu».

La liste des techniques d’extraction ne s’arrête pas là. Parmi les autres utilisées on retrouve l’extraction à froid qui s’applique aux agrumes, plus fragiles en raison de leur teneur en terpène et aldéhydes, l’extraction au CO2 supercritique, l’extraction par enfleurage, la macération,... Néanmoins ces dernières sont moins répandues en raison de leur coût, de leur complexité ou bien de leur spécificité d’utilisation.

Le chemotype : la carte d’identité de la plante

L’environnement d’une plante dans lequel elle se développe, à savoir le climat, la composition du sol, l’ensoleillement, l’altitude,... influe sur la composition de l’essence qu’elle va produire. Ainsi une même plante en fonction de son biotope autrement dit des caractéristiques de son milieu de vie, peut synthétiser une essence biochimiquement très variée (4, 5). Ces différences de composition ont fait apparaître la notion de chémotype. Le chémotype permet donc d’établir des souscatégories au sein d’une même espèce de plante. Les distinctions se font donc selon les molécules majoritaires, présentes dans ladite huile essentielle lui procurant diverses propriétés. C’est en quelque sorte sa carte d’identité. Par exemple pour le thymus vulgaris (thym) il existe 7 chémotypes distincts, aux effets différents, selon le lieu de culture : thymol, alpha terpinéol, carvacrol, géraniol, linalol, paracymène, thuyanol. Ainsi, sur une étiquette, le chémotype suit en général le nom usuel (dénomination latine) de la plante.

Le chémotype est établi grâce à une technique qui s’appelle la chromatographie. Cette dernière permet la séparation et la distinction des molécules de l’huile essentielle.

Les modes d'application

Il est possible d'utiliser les huiles essentielles selon 3 modes d’administration principaux : l’application topique, par voie orale et par diffusion.

1 - Par application topique

Les huiles essentielles sont régulièrement employées dans les produits cosmétiques. En effet, celles-ci peuvent rentrer dans la composition de crèmes, savons, shampoings,... . Dans ces produits, elles sont principalement ajoutées pour parfumer. Néanmoins, elles peuvent aussi servir de conservateurs. Que ce soit pour accompagner un gel ou une crème, elles peuvent être étalées sur la peau en massage manuel favorisant le bien-être. Leur fragrance éveille les sens et développe le caractère relaxant du massage.

2 - Par voie orale

La voie orale peut aussi être un moyen d’administration des huiles essentielles. Elles peuvent être absorbées diluées ou déposées sur des pastilles neutres servant de support.

Les huiles essentielles peuvent également servir à la cuisine notamment pour l’assaisonnement des plats. D’ailleurs les agroalimentaires n’hésitent pas à les incorporer de plus en plus souvent dans leurs produits.

3 - Par diffusion

Enfin pour finir le dernier mode d’administration des huiles essentielles est par diffusion aérienne. Pour cela il est nécessaire de s’équiper d’un diffuseur adapté mais il est également possible de vaporiser quelques gouttes d’huile sur un mouchoir, sur des draps ou encore dans une coupelle. Le parfum qui s’en dégage alors favorise une atmosphère de relaxante. Toutefois, les huiles essentielles à phénol ou à cétone comme la Cannelle de Chine, le Laurier noble, la menthe poivrée, la Lavande Aspic,... ne conviennent pas à ce type d’utilisation.

Plusieurs modes d’application des huiles essentielles sont envisageables. De plus en plus de personnes s’en servent au quotidien, et même pour parfumer les produits ménagers fait maison. Néanmoins avant l’emploi d’huiles essentielles, il reste primordial de demander l’avis de votre médecin ou pharmacien.

Références bibliographiques :

  1. Aziz ZAA, Ahmad A, Setapar SHM, and al. Essential Oils: Extraction Techniques, Pharmaceutical And Therapeutic Potential - A Review. Curr Drug Metab. 2018;19(13):1100-1110.
  2. de la Charie, T. (2019). Se soigner par les huiles essentielles. Pourquoi et comment ça marche ? Editions du Rocher. https://www.compagnie-des-sens.fr/histoire-des-huiles-essentielles/
  3. Les méthodes d’extraction des huiles essentielles. Url : https://agronomie.info/fr/les-methodes-dextraction-deshuiles- essentielles/
  4. Gruľová D, Caputo L, Elshafie HS, and al. Thymol Chemotype Origanum vulgare L. Essential Oil as a Potential Selective Bio-Based Herbicide on Monocot Plant Species. Molecules. 2020 Jan 29;25(3):595.
  5. Chloë Maes, Sandrine Bouquillon, and Marie-Laure Fauconnie. Encapsulation of Essential Oils for the Development of Biosourced Pesticides with Controlled Release: A Review. Molecules. 2019 Jul; 24(14): 2539.

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